Séminaire :
le frayage lacanien
par Elie DOUMIT
Argument :
Bien qu´il ne se conçoive pas sans le "retour à Freud ", le frayage lacanien œuvre d´abord contre un mouvement psychanalytique post-freudien devenu par le souhait de son fondateur une église où l´on se contente de répéter le texte de Freud avec la prétention toutefois de le débarrasser de ce que l´on considère alors comme des impuretés, à savoir : la pulsion de mort, la première topique etc. Les orthodoxes américains excellent dans ce genre d´amputation. Ce n´est pas sans ironie que Lacan, dans son fameux retour à Freud, dénonce cet escamotage dont le moins qu´on puisse dire est qu´il annule tout simplement le "cheminement" de Freud. Faire valoir cette dimension de frayage dans l´enseignement de Lacan revient à montrer qu´il ne s´y agit nullement d´un abord dogmatique mais d´une articulation qui comporte variation et différenciation. Freud, quant à lui, procède t-il autrement? Certes, il a pu dire de l´Œdipe c´est ce sans quoi la psychanalyse serait justiciable du délire de Schreber, cela implique que l´instance du père dans le complexe d´Œdipe est ce qui oriente le sujet, garçon et fille, vers une sexualité " normale ". Toutefois la démarche de Freud se heurte, comme on le sait, à une difficulté, puisqu´elle assortit cette normalité d´une anomalie structurale irréductible: la crainte de la castration chez le garçon et l´envie du pénis chez la fille. La question se pose alors de savoir si le frayage lacanien ne nous permet pas de soutenir un discours analytique qui serait au-delà de l´Œdipe. Il ne s´agit pas cependant de refuser ce dernier, mais d´effectuer un nouvel abord de la fonction du père. Si nous pensons que l´erreur de Freud est d´avoir cru que la fonction phallique partageait les humains en deux classes distinctes: ceux qui ont le phallus et ceux qui ne l´ont pas, construction qui implique alors que la castration procède du père, en quoi serions-nous mieux lotis avec la théorie lacanienne du primat du phallus, ou encore celle des Noms du Père à laquelle on a tendance parfois à réduire le frayage lacanien? Autant de questions qui nous invitent à nous demander dans quelle mesure nous ne pourrions pas concevoir les mythes freudiens comme des fictions visant à rationaliser l´impossible du rapport sexuel.
Le séminaire se tient tous les mois alternativement à Casablanca et à Rabat.
Les dates sont fixées d´une séance à l´autre
Conférence :
Société Psychanalytique Marocaine "SPM"
Invite
Par Philippe PORRET
pour une conférence sur le thème
LE TRANSFERT EN PSYCHANALYSE
le 08 juin 2007 à 19 heures
A la librairie Carrefour Des Livres - Casablanca
Le 08 juin 2007 à 19 heures, nous recevrons, avec le soutien de l'Ambassade de France, Monsieur Philippe PORRET pour une conférence ouverte au public sur le thème : Le transfert en psychanalyse, en marge de la présentation de son dernier livre " Joyce Mac Dougall, une écoute lumineuse" (édition Compagne Première - 2005)
Philippe PORRET est psychanalyste, psychologue clinicien et diplômé en sciences politiques, auteur de nombreuses publications , anime de nombreuses rencontres et séminaires. Il participe à de nombreuses activités et en particulier à la transmission de la psychanalyse en Chine
Adresse :
Librairie LE CARREFOUR DES LIVRES
Angle rues des Landes et Vignemal,
Maarif - Casablanca
Tél. : 022 25 87 81
Par ailleurs, nous rencontrerons Philippe PORRET, en séminaire réservéux membres de la SPM, le lendemain 9 juin à 16 heures dans les locaux de M2M
La logistique de cette rencontre est assurée par Aude BAYED
Pour participer à ce séminaire, vous êtes priés de vous inscrire auprès du président
Séminaire :
Société Psychanalytique Marocaine "SPM"
Organise le deuxième Séminaire
de Touria MIGNOTTE
"Le paradoxe du sujet dans le champ psychanalytique"
Organise une conférence
Le 29 - 30 mars 2007
à ANAIS - Casablanca
Argument :
Ce séminaire se propose d'aborder les difficultés de l'élaboration du sujet et ses paradoxes dans le devenir de la cure analytique et dans ses théorisations. L'aspect paradoxal, tient à la dualité du statut du sujet et peut s'étudier en regard d'une dialectique :
d'une part au travers de la dualité pulsion de vie/pulsion de mort chez Freud, en passant par un certain nombre de couples d'opposés qui jalonnent sa pensée :
- principe de plaisir/principe de réalité.
- inconscient/conscient.
- unheimlich/heimlich.
- psychologie collective /psychologie individuelle
- polythéisme et totémisme/monothéisme
- inceste/interdit de l'inceste...etc
d'autre part au travers de la division du sujet chez Lacan, en introduisant son concept d'"objet a" qui articule cette division du sujet. Nous verrons que l'"objet a" intervient à la manière d'une surface topologique qui relie en même temps qu'elle sépare: - Le plan de l'énonciation et celui de l'énoncé - Le niveau du S1 ("signifiant Un en tant qu'il s'instaure de l'enveloppement par où toute la chaîne subsiste") et le niveau des différents discours - Le champ du désir (lieu de l'Autre) et le champ de la demande
A côté de cette approche freudienne et lacanienne, je voudrait interroger les apports de Winnicott dont on connaît l'adage: "un bébé, ça n'existe pas." Il écrit : "Au début, l'unité n'est pas l'individu mais l'individu/environnement". Nous verrons que cette notion d'"environnement chez Winnicott, recouvre en fait la notion de vide physique qui, loin d'être un néant, est porteur des virtualités du sujet, et implique pour cela, nécessairement un système processuel qui dépasse l'entendement humain et confronte "la mère du début de la vie" à une folie - "un état schizoïde" dit Winnicott . Le renversement qu'opère cet auteur est de placer cette "folie" au fondement de l'expérience que le sujet peut faire de sa dualité.
Ce séminaire pourrait s'articuler selon un dispositif à deux temps (à déterminer dans un après midi ou au cours de deux soirées consécutives) ?pour permettre un aller-retour entre un apport théorique prenant appui sur des textes à travailler, et des éléments cliniques permettant d'illustrer cette dualité à l'oeuvre dans l'organisation fantasmatique du sujet et dans ses mécanismes de défense impliquant un "clivage du moi", selon l'expression de Freud, et le clivage du sujet d'après Lacan.